Rencontre avec Christelle Javelier, entre influence et coaching sportif

Christelle Javelier, originaire de Nouvelle-Calédonie, vient à Paris pour terminer ses études de journalisme. Passionnée de sport, elle entame finalement une carrière de coach sportif et d’influenceuse grâce à son blog et à Instagram. Ces deux activités ne sont pas toujours facile à conjuguer. Pour nous, elle revient sur son parcours, ses deux métiers et son concept #ACTIVRE.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis originaire de Nouvelle-Calédonie et je suis venue en France faire mes études. J’ai fait des études de journalisme. Je suis devenue journaliste et à un moment donné, j’ai décidé de me reconvertir en coach sportif. Entre temps, j’ai ouvert un blog sur lequel je parlais de mon lifestyle parisien. Dans ce lifestyle le sport était très présent, bien évidemment, puisque j’ai toujours été sportive. Il y a eu un réel intérêt pour le sport de la part des gens qui lisaient mon blog. A l’époque il n’y avait pas encore Youtube. Il n’y avait pas encore beaucoup de “voies” pour parler et représenter le sport en France et le bien-être par le sport. A un moment donné je me suis dit que je n’avais plus envie d’être journaliste. Je voulais me reconvertir et j’ai donc passé un diplôme d’Etat de coach sportif. Depuis, je suis coach sportif et influenceuse dans le domaine du bien-être via mes divers réseaux, c’est-à-dire mon blog, mon compte Instagram, etc. Je parle essentiellement de lifestyle sportif, mais pas que, c’est vraiment un lifestyle autour du bien-être.

Vous, qui avez toujours été sportive, par quels sports avez-vous débuté ?

J’ai toujours fait du sport depuis petite. J’ai même fait du yoga, ce qui était très rare à l’époque. J’ai fait deux ans de yoga à partir de mes 11 ans. J’ai fait de la natation et de la danse classique. J’ai fait beaucoup de sports parce que mes parents voulaient que je pratique une activité. Je changeais souvent, au bout de deux ans, parce que je ne trouvais pas l’activité qui me plaisait vraiment. En regardant un reportage à la télé, j’ai vu le kick-boxing et ça a été une révélation, j’avais vraiment envie d’en faire. J’ai dû convaincre mes parents, car ils voyaient ça comme un sport violent. J’ai réussi à les convaincre et je me suis inscrite dans une salle en Nouvelle-Calédonie. Là, le sport est devenu addictif, c’est-à-dire que j’avais envie d’y aller, ça me manquait et quand je n’y allais pas j’y pensais. C’est aussi via le kick-boxing que j’ai découvert le fitness dans le cadre de ma préparation au combat. Je me suis inscrite dès que j’ai pu, à 16 ans et demi, dans une salle de fitness avec l’autorisation de mes parents bien sûr. Les jours où je ne faisais pas de kick-boxing, j’allais dans la salle de fitness pour faire de la préparation physique générale, du renforcement musculaire avec des machines. J’ai découvert les cours de fitness, et ça a été un coup de cœur aussi. 

Avez-vous continué à pratiquer lorsque vous êtes arrivée à Paris ?

Non. En Nouvelle-Calédonie, j’avais un entraîneur qui m’a insufflé le goût de l’entraînement et je ne l’ai pas retrouvé à Paris. J’ai testé plusieurs salles, mais je n’aimais pas l’ambiance ni la manière dont c’était enseigné. Je ne m’y retrouvais pas donc j’ai arrêté le kick-boxing. De plus, cela ne correspondait pas à mes horaires à la faculté. Il fallait être à la salle à 18h, ce qui était un petit peu compliqué. J’ai juste continué le fitness.

Qu’est-ce qui vous a motivé à passer votre diplôme de coach sportif ? Qu’est-ce que vous aimez dans ce métier ?

Quand j’ai commencé à écrire sur le sport, c’était inconcevable pour moi, en tant que journaliste, de parler en mon nom sans avoir une expertise. Je ne devais toujours faire appel à un coach que j’interviewais. Au bout d’un moment, je me suis rendu compte que je connaissais les réponses que le coach me donnait, car je m’intéressais, je lisais. Cela me passionnait. Je trouve que le corps humain est vraiment quelque chose de magique. J’avais envie de parler de sport avec mon expertise, d’apprendre et surtout de partager ce que j’avais appris. C’est ce qui m’a motivé dans un premier temps. C’était plutôt dans l’optique de partager que d’enseigner. Quand j’ai passé mon diplôme, je me suis découvert une fibre pédagogue, que je ne pensais pas avoir. Je suis quelqu’un d’hyper timide et cela m’a vraiment permis d’être un peu moins timide. Quand je donne des cours, la timidité s’envole. 

Quel type de cours donnez-vous ?

Je suis coach dans une salle de boxe, Le Cercle Boxing. J’y enseigne la boxe fitness qui est composée à 50% de bootcamp et à 50% de boxe sur un sac de frappe. J’ai beaucoup de mal à trouver une salle qui puisse m’accueillir et j’ai du mal à concilier ma vie d’influenceuse et de coach. C’est très compliqué parce qu’être influenceuse fitness, cela veut dire tester plein de cours. On ne prend pas forcément au sérieux mon étiquette de coach. Parfois, je refuse certaines choses parce que j’en ai marre d’être tout le temps entraînée. Je le fais volontiers de temps en temps, mais j’ai aussi mon entraînement personnel à côté. Il y a également le fait qu’avec ce travail d’influenceuse, je voyage beaucoup. J’ai un emploi du temps qui n’est pas figé et les salles demandent toujours à avoir un emploi du temps plutôt figé. Le Cercle Boxing est la seule salle qui me laisse une certaine liberté. Je peux prévenir à la dernière minute que je pars en voyage et ils trouvent une solution.

 

Pendant le confinmeent, nous avons donné des cours gratuitement avec Mehdi (ndlr, son compagnon). Nous avons un peu été pris au dépourvu, comme tout le monde. Nous avons perdu notre emploi. Nous voyions aussi la détresse des personnes qui étaient confinées dans des conditions moins agréables que nous et qui étaient mal psychologiquement. On a voulu apporter du contenu pour les aider à trouver cette période un petit peu moins sombre et à se sentir mieux. Nous voulions le faire gratuitement. A la fin de la période nous nous sommes dit “On va faire ce qu’on a toujours rêvé de faire”. Cela faisait 3-4 mois que j’étais en train de travailler sur notre salle de sport en ligne. C’est un site Internet avec des vidéos et des programmations, mais il n’était pas prêt. Nous avons donc profité de cet élan du confinement pour faire des cours en ligne sur la plateforme Zoom. Nous allons ensuite déménager sur notre site lorsqu’il sera prêt. C’est l’Activre Guide Studio. Nous y donnons des cours tous les jours. 

Pouvez-vous nous parler de votre concept #ACTIVRE ? Qu’est-ce que ce mot signifie et à qui s’adresse-t-il ?

Il s’adresse à tout le monde. ACTIVRE est la contraction de Le Canard Ivre, le nom de mon blog, et Active. Mehdi et moi, nous avons une vision du sport qui est globale, holistique. Le sport, pour nous, c’est célébrer le mouvement et célébrer le corps. Nous ne voulons pas “d’avant/après”, nous ne voulons pas parler de “physique”, de “silhouette”, de “perte de gras”. C’est des choses qui me rendent dingue quand je vois ça sur Instagram. C’est des termes vendeurs, accrocheurs, qui font ressentir des émotions négatives aux personnes. Nous voulons nous focaliser sur le mouvement. Être ACTIVRE, c’est prendre sa vie en main, faire bouger les choses dans sa vie de différentes manières via le sport, la nourriture, les loisirs, les voyages, etc. 

En quoi consiste cette méthode ?

C’est une communauté qui s’est construite à partir du hashtag que j’avais créé. Au début, le but était de partager les moments où l’on était ACTIVRE et de se motiver en regardant ce que les autres faisaient. A partir de ça, nous l’avons décliné de plusieurs manières. Nous avons le Activre Guide Studio, notre studio de sport avec des lives et des vidéos à la demande. Nous avons également créé notre compte Instagram Activre Guide et notre chaîne Youtube. La méthode ACTIVRE n’est pas un programme. Le programme, c’est ce que vous allez retrouver sur notre site à l’avenir.

Quels sont vos prochains projets sportifs et professionnels ?

D’un point de vue sportif, malheureusement, il n’y en a pas. Je fais du triathlon, du trail, de la course à pied, des sports outdoor. Je devais faire un trail fin juin qui a été annulé à cause de la situation actuelle. Ce devait être mon gros challenge de 2020. Toutes les courses ont également été annulées jusqu’à nouvel ordre. Les seules courses que l’on puisse programmer n’auront pas lieu avant décembre. C’est un peu loin et incertain donc tous les projets sportifs sont remis en question.

 

Notre gros projet professionnel, c’est le développement de notre site. C’est ce sur quoi nous travaillons non-stop en ce moment. Dans ce site, il y aura des vidéos à la demande avec des programmes, par exemple “retrouver de la mobilité au niveau des hanches” pour les runners. Il y aura des séries de 10 vidéos à la suite avec “jour 1”, “jour 2”, etc. Ces programmes seront disponibles sur abonnement. A côté, nous continuerons les cours en live qui seront des cours beaucoup plus longs que les vidéos. Enfin, il y aura des programmations semi-personnalisées que nous enverrons aux personnes intéressées. C’est beaucoup de travail ! Nous espérons pouvoir sortir ce projet au début de l’automne.

Finalement cela va venir assez vite !

Oui, comme je vous le disais le confinement a accéléré un peu les choses. C’est un projet que j’avais et sur lequel je travaillais déjà depuis trois mois. Nous ne voulions pas attendre que cela soit parfait pour lancer nos cours. C’est pourquoi nous avons commencé sur Zoom et sur mon blog, pour ensuite les déplacer sur le site. Nous y mettons beaucoup de cœur, car c’est un super projet de vie ! Notre but est de faire aimer le sport sans que cela devienne une quête du physique parfait. Le secret, c’est d’apprendre à bouger pour que cela s'intègre à sa routine de vie. Le corps ira très bien et cela se verra ! 


Christelle porte notre short Wagram Paradise