Rencontre avec Clémence Beretta, une jeune athlète française qui marche vite

Baignée dans le monde du sport depuis son plus jeune âge, Clémence Beretta choisi rapidement la marche comme discipline de prédilection. Depuis, elle enchaîne les compétitions et compte déjà plusieurs victoires à son actif. 

Avez-vous toujours été sportive ? A quel âge avez-vous commencé la marche athlétique ? Avez-vous pratiqué d'autres disciplines avant de vous spécialiser ?

Depuis toute petite, j'ai fait du sport. J'ai grandi dans un univers familial très marqué par le sport avec un papa président d'un club d'athlétisme. Après m'être essayée à la danse et au tennis, je me suis tournée à l'âge de 10 ans vers l'athlétisme et vers 12 ans, j'ai commencé pour la première fois la marche athlétique. J'ai toujours fait de la course à pied, du cross en parallèle de la marche. Finalement c'était assez complémentaire et on restait dans une thématique de sport endurance. Aujourd'hui, la marche est ma discipline, mais je continue à intégrer la course à pied dans mes entraînements, car c'est pour moi quelque chose d'important.

Qu'est-ce qui vous a donné envie de pratiquer ce sport ?

Dans mon club, on nous a fait essayer vraiment toutes les disciplines de l'athlétisme ce qui permet à chaque enfant de savoir ce qui lui correspond le mieux. C'est ce qui fait d'ailleurs de l'athlétisme un sport très complet et accessible à tous car chacun peut trouver sa voie. Par exemple, dès le début, j'ai vite compris que les lancers n'étaient pas pour moi. Je n'étais pas douée et je n'avais pas beaucoup de force et puis un jour, on m'a fait essayer la marche et ça tout de suite été très naturel, c'était comme de la course à pied, mais avec une gestuelle plus particulière. Et sans me poser de questions, j'ai continué !

A quel âge êtes-vous arrivée au pôle France de Nancy ? Comment cela s'est-il passé ?

Après le lycée, je devais faire mes études sur Nancy et quitter ma campagne vosgienne. Je n'étais pas du tout au courant qu'il y avait un pôle dédié à la marche à Nancy, mais un jour, on m'a proposé de l'intégrer. Je n'avais pas vraiment le niveau et je n'étais pas du tout dans un état d'esprit de faire du sport de haut niveau, mais des personnes m'ont donné cette opportunité, car j'étais une athlète locale de la région. Elles trouvaient donc pertinent que je profite des installations et de l'encadrement. Et puis de là, j'ai énormément progressé. 

Qu'est-ce qui vous a donné envie de faire de la compétition à un niveau national, voire international ?

On ne le choisit pas, en tout cas dans mon cas, tout est venu de fil en aiguille, sans planification. Vous progressez petit à petit et vous compétitionnez dans des compétitions de votre niveau. Plus votre niveau augmente, plus vous allez faire des compétitions dites internationales. Désormais, c'est sûr, tout est planifié et structuré car ma vie tourne autour de mon sport mais, à mes débuts, je prenais les choses comme elles venaient. C'était même assez déstabilisant de passer d’une athlète lambda de niveau régional à une athlète de niveau national en seulement quelques mois.

Vous avez un palmarès très impression. Pouvez-vous nous en dire plus ?

A ce jour, je possède plus d'une dizaine de titres dont 5 titres de Championnes de France Elite (c'est-à-dire toutes catégories confondues), 5 records de France et 7 sélections en équipes de France.

Clémence Beretta avec la brassière de sport imprimée Paradise

Clémence porte la brassière de sport Wagram Paradise.

Quelle est votre distance préférée ? Pourquoi ?

La distance olympique pour les femmes est le 20 kilomètres, c'est donc la distance pour laquelle je m'entraine. Mes entraînements sont faits en fonction du 20 kilomètres, j'ai envie de dire qu'il vaut mieux aimer les longues distances si on fait de la marche... Après, on a aussi des formats plus courts comme le 3000 mètres ou le 10 kilomètres. Je ne pourrais pas vous dire quelle distance je préfère car elles sont assez différentes dans l'effort fourni et dans le degré d'intensité. J'adore le 3000 mètres et le 10 kilomètres, car ce sont des distances où l'on va vite. C'est vraiment une mentalité différente du 20 kilomètres, d'autant plus que comme ces distances-là ne sont pas officielles, il y a beaucoup moins de pression. C'est 100% du plaisir, c'est vraiment des formats que j'aime. Le 20 kilomètres, c'est une course d'attente, il faut savoir temporiser jusqu'au 14ème, voire 15ème kilomètre et lutter contre la fatigue. C'est une distance qui fait vraiment mal, je n'ai pas souvenir d'avoir fini un 20 kilomètres sans souffrir, mais c'est complètement inhérent à ma discipline et c'est aussi ce que j'aime, aller loin dans la souffrance et défier mes limites. 

Comment se déroulent vos entraînements tout au long de l'année ? Et avant une compétition ?

Une semaine normale est divisée avec un travail à mi-temps que j'ai, donc 17h30 en entreprise, et 9 entraînements, ce qui représente environ 90,100 kilomètres par semaine, parfois plus avec des séances de vitesse, de la musculation et parfois du vélo. Quand je suis en stage, je peux m'entraîner plus, car je suis détachée à 100% de mon travail, c'est donc plus facile pour moi de récupérer et d'enchaîner plus de kilomètres. 

 

La semaine avant une compétition c'est une semaine dite de "relâche" où le but est de créer du jus pour avoir un pic de forme optimal le jour de la compétition. Concrètement ça se traduit par très peu d'intensité et dans mon cas, beaucoup de repos, ça me permet d'être très en forme le jour J car mon corps est vraiment très bien reposé.

Avez-vous réussi à adapter votre entraînement pendant le confinement ? Comment cette période s'est-elle passée pour vous ?

On a tout de suite fait le choix, avec mon coach, de prendre le confinement comme une période de semi-repos. Je n'avais plus de plans d'entraînement, je devais uniquement m'entraîner à l'envie avec principalement de la course à pied. Avec l'annulation des compétitions et le flou, c'était irrationnel de maintenir de fortes intensités en termes d'entraînement. Il fallait juste s'entretenir et ne pas fatiguer le corps surtout dans un contexte sanitaire pareil, car les entraînements intensifs rendent le corps moins résistant face aux virus. Nous avons eu des recommandations du ministère de la Santé et de notre fédération nous expliquant que nous ne devions pas faire d'intensité pour ne pas faire diminuer nos défenses immunitaires. Je sais que d'autres athlètes n'ont pas du tout changé leurs habitudes, j'ai dû mal à comprendre leurs points de vue, mais le plus important était de savoir ce qui était le mieux pour soi. D'un point de vue purement sportif, je l'ai assez mal vécu, c'était beaucoup de coups durs... Après, je me suis vite adaptée et j'ai su rebondir ! D'un point de vue personnel, j'ai adoré, je n'étais qu'avec des gens que j'aime, à la campagne. Il n'y avait plus de contraintes, c'était vraiment une vie douce et au ralenti, de bons moments !

La majorité des courses de l'année ont été annulées, et notamment les Jeux Olympiques de Tokyo. Quels sont vos prochains rendez-vous et objectifs sportifs ? Les Jeux Olympiques de 2021 sont-ils toujours votre priorité ? Comment comptez-vous vous y préparer ?

Ma prochaine compétition sera en septembre, ça sera les Championnats de France Elite sur 10 kilomètres. La période de qualification pour les Jeux Olympiques est gelée jusqu'au 1er décembre, donc mon premier 20 kilomètres ne sera pas avant décembre probablement. Les Jeux Olympiques restent ma priorité pour la saison à venir, je pense que nous allons reprogrammer des stages, notamment en altitude, mais pour l'instant rien est décidé car c'est encore flou concernant l'ouverture des frontières. Rien ne va changer fondamentalement dans ma préparation car je ne change pas de coach donc ma préparation sera sur la même lignée que les années précédentes.