Après un accouchement, la rééducation du périnée n’est pas un luxe : c’est une étape clé pour retrouver un plancher pelvien tonique, prévenir les fuites urinaires et repartir sur de bonnes bases — y compris avant de reprendre le sport. Souvent entourée d’appréhension, elle est en réalité simple, encadrée et prise en charge. Voici pourquoi, quand et comment la faire.
Pourquoi rééduquer son périnée
Le périnée est l’ensemble des muscles du plancher pelvien qui soutiennent la vessie, l’utérus et les intestins. Pendant neuf mois, il a porté le poids de l’utérus et du bébé, puis a été très sollicité lors de l’accouchement. Le rééduquer permet de restaurer sa tonicité, de prévenir l’incontinence urinaire et la descente d’organes (prolapsus), et d’aborder plus sereinement une future grossesse comme la vie intime. C’est aussi le préalable indispensable à la reprise du sport.
Quand la commencer ?
Tout se décide à la visite post-natale, environ six semaines après l’accouchement : le professionnel évalue la tonicité du périnée et établit la prescription. La rééducation débute généralement entre 6 et 8 semaines après la naissance. Et si vous avez laissé passer ce délai, sachez qu’il n’est jamais trop tard : le périnée peut se rééduquer à tout âge, même des années plus tard.
Qui la pratique ?
La rééducation est réalisée par une sage-femme ou un kinésithérapeute spécialisé, sur prescription médicale (médecin, gynécologue ou sage-femme). Un premier bilan évalue l’état du périnée avant de choisir la méthode la plus adaptée.
Les méthodes de rééducation
- La méthode manuelle : par un toucher vaginal, le praticien guide la patiente pour lui apprendre à contracter les bons muscles.
- Le biofeedback : une sonde vaginale mesure la force des contractions et les affiche sur un écran. C’est un travail actif, qui aide à prendre conscience des muscles en jeu.
- L’électrostimulation : une sonde envoie de légères impulsions électriques indolores pour faire travailler les muscles. C’est un travail passif, utile quand les contractions volontaires sont insuffisantes.
- La méthode CMP (Connaissance et Maîtrise du Périnée) : approche par visualisation et images mentales.
Ces méthodes peuvent être utilisées seules ou combinées, selon votre situation.
Combien de séances et quel remboursement ?
En général, une dizaine de séances sont prescrites, à raison d’une à deux par semaine. En France, les 10 premières séances de rééducation périnéale réalisées en cabinet de sage-femme ou de kinésithérapeute sont remboursées à 100 % par l’Assurance Maladie. Pour certaines femmes, ce sera suffisant ; pour d’autres, un complément sera nécessaire — c’est le professionnel qui en jugera.
Après la rééducation : entretenir son périnée
Les acquis se prolongent à la maison, par des exercices de contraction régulière du périnée, que l’on peut faire debout, assise ou allongée. C’est une fois cette étape validée que l’on peut envisager la rééducation abdominale (en surveillant un éventuel diastasis), puis la reprise progressive du sport.
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Questions fréquentes
Quand commencer la rééducation du périnée après l'accouchement ?
Elle débute généralement entre 6 et 8 semaines après l’accouchement, une fois la prescription établie lors de la visite post-natale, vers six semaines. Cette visite permet d’évaluer la tonicité du périnée. Il ne faut pas la commencer trop tôt, avant cette évaluation, mais il n’est jamais trop tard non plus : le périnée peut être rééduqué même des mois ou des années après. La rééducation est réalisée par une sage-femme ou un kinésithérapeute spécialisé, sur prescription médicale.
La rééducation du périnée est-elle remboursée ?
Oui. En France, les 10 premières séances de rééducation périnéale effectuées en cabinet de sage-femme ou de kinésithérapeute spécialisé sont remboursées à 100 % par l’Assurance Maladie, sur prescription médicale. En général, une dizaine de séances sont prescrites, à raison d’une à deux par semaine. Pour certaines femmes, ce nombre suffit ; pour d’autres, un complément peut être nécessaire, selon l’évaluation du professionnel qui vous suit.
Comment se passe une séance de rééducation périnéale ?
Après un premier bilan, le professionnel choisit une ou plusieurs méthodes. La rééducation manuelle repose sur un toucher vaginal pour guider les contractions. Le biofeedback utilise une sonde qui affiche la force des contractions sur un écran, pour un travail actif. L’électrostimulation envoie de légères impulsions indolores pour faire travailler les muscles, en travail passif. Les séances sont progressives et s’accompagnent d’exercices à poursuivre chez soi pour consolider les acquis.
Faut-il faire la rééducation du périnée après une césarienne ?
Oui. Même après une césarienne, le périnée a été sollicité durant la grossesse par le poids de l’utérus et du bébé, et la rééducation reste recommandée. Une césarienne, une déchirure ou une épisiotomie ne sont pas des contre-indications. La rééducation périnéale est d’ailleurs un préalable à la reprise du sport, quelle que soit la voie d’accouchement. Parlez-en à votre sage-femme ou à votre médecin, qui établira la prescription adaptée à votre situation.
Sources
- Assurance maladie — rééducation périnéale : prescription, séances et remboursement.
- Conseils de sages-femmes et kinésithérapeutes — méthodes (manuelle, biofeedback, électrostimulation, CMP).
- Elsan — rééducation du périnée : indications et déroulé.
Cet article a une vocation informative et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



